Hyperplasie bénigne de la prostate (HBP)

Qu'est-ce que l'HBP?

HBP signifie hyperplasie bénigne de la prostate. Il s'agit d'un agrandissement de la prostate fréquent chez l'homme vieillissant. La présence d'une hyperplasie prostatique ne signifie pas pour autant que le patient présente des symptômes urinaires. En fait, 50% des hommes atteints d' HBP sont symptomatiques et 25% d'entre eux seulement nécessitent un traitement.

       Âge (ans)    % d'hommes avec HBP 

  • 40 - 50        20% 
  • 50 - 60        40% 
  • 60 - 70        55%

Quels sont les symptômes de l'HBP?

La prostate est une glande qui se trouve autour de l'urètre proximal distalement à la sortie de la vessie (col vésical). Un agrandissement de la prostate occasionne une compression de l'urètre et par conséquence une obstruction au passage de l'urine. Il survient alors une diminution du débit urinaire, le patient se trouvant dans l'incapacité de vider complétement sa vessie, laissant un résidu urinaire après la miction. Le patient doit uriner souvent par petites quantités, et doit frêquemment se lever la nuit (souvent plus d'une fois). Pour lutter contre cette obstruction, le muscle vésical doit fournir un travail plus important, il devient de ce fait plus épais (hypertrophie du détrusor) et hyperactif. C'est cette hyperactivité vésicale qui produit les symptômes de type "urgences mictionnelles", le patient ne pouvant plus retenir la miction.

Quels sont les symptômes qui ne résultent pas de l'HBP ?

Hématurie (sang dans l'urine), hématospermie (sang dans le sperme), douleurs périnéales durant la miction. Ces symptômes n'appartiennent en général pas à l'HBP.

Comment poser le diagnostic d'HBP?

Il s'agit souvent d'un diagnostic posé par le médecin de famille. Les symptômes sont classiques et l'élargissement homogène et élastique de la glande prostatique se retrouve au toucher rectal. Si le médecin généraliste le juge nécessaire, le patient sera adressé à l'urologue qui répètera alors l'examen de la prostate qu'il complétera au besoin par d'autres investigations. L'examen complémentaire le plus simple est la mesure du débit urinaire. Il s'agit par la suite d'apprécier la présence et de mesurer un éventuel résidu urinaire postmictionnel à l'aide de l'ultrason. Les patients ayant une obstrution sévère ont souvent un débit effondré (< 5 ml/sec) et un résidu urinaire élevé (> 100 ml). Une autre méthode plus précise, permettant de quantifier l'obstruction infravésicale consiste à mesurer simultanément le débit urinaire et la pression du muscle vésical (détrusor). Il s'agit de l'instantané mictionnel ou "pressure/flow"). Au besoin, l'urologue pourra compléter le bilan par une cystoscopie. Cette dernière se pratique grâce à un instrument flexible, de petit calibre, en anesthésie locale. La cystoscopie donnera des informations complémentaires sur la forme et la longueur de la prostate, l'épaisseur de la paroi vésicale, ainsi que la présence d'éventuelles anomalies (lithiases vésicales).

Quels sont les possibilités thérapeutiques de l'HBP?

Si le patient est peu gêné par les symptômes et que les examens ne concluent pas à une indication chirurgicale impérative, le traitement est souvent conservateur (les symptômes d'HBP peuvent rester stables pendant des années). En cas de gêne, il s'agira d'introduire tout d'abord un traitement médicamenteux. Les médicaments le plus souvent utilisés sont les antagonistes des récepteurs alpha: Xatral, Hytrin, Pradif. Les alpha-bloqueurs induisent une relaxation des muscles au niveau de la prostate et du col vésical. Il s'ensuit une diminution de la résistance à l'écoulement de l'urine et le patient peut de nouveau uriner plus facilement.

Les indications absolues à la chirurgie sont: la rétention urinaire (impossibilité d'uriner), les infections urinaires à répétition en raison d'un résidu postmictionnel persistant et important, pouvant même à la longue altérer la fonction rénale.

Le traitement le plus ancien de l'HBP est représenté par la prostatectomie transabdominale. Ce traitement relativement invasif est réservé pour des prostates de taille importante. Bien évidemment le traitement standard de l'HBP reste la résection transurétrale de la prostate (TUR-P). Grâce à cette méthode une importante partie (la zone de transition) de la prostate peut être réséquée et évacuée sous forme de copeaux à travers l'urètre. Les inconvénients de cette technique sont les saignements per et post-opératoires ainsi que la survenue d'une éjaculation rétrograde (vers la vessie) en raison de l'élimination des fibres internes du col vésical durant la résection.

Les méthodes alternatives modernes (laser, thermothérapie) ont donné des résultats prometteurs. Toutefois, il faut être conscient du fait que les différentes machines à disposition sur le marché (dans notre département: Holmium Laser de contact et thermothérapie de seconde génération T3) ne sont pas toutes comparables quant aux résultats qu'elles permettent d'obtenir. Le laser a l'avantage d'occasionner moins de pertes sanguines mais n'est pas une bonne option pour les patients avec une très grande prostate.

La thermothérapie se réfère à l'application de micro-ondes de type ultrason au niveau du tissu prostatique. L'application de ce type d'énergie durant 30 à 60 minutes d'intervention amène une température intraprostatique de près de 80ç C, permettant une nécrose des tissus. La muqueuse urétrale est protégée par un système de refroidissement permanent. Après quelques jours, parfois quelques semaines, le tissu nécrotique s'élimine et laisse en place une cavité permettant une désobstruction prostatique. C'est une méthode simple, pouvant s'effectuer en anesthésie locale ou légère sédoanalgésie, ambulatoirement. Nos résultats à 3 ans montre une cértaine stabilité avec un taux de désobstruction satisfaisant et un taux de complications minime.