Lithiase urinaire

C'est une maladie aussi fréquente que le diabète ou l'hypertension artérielle. Les hommes sont 2 fois plus atteints que les femmes. Il existe un risque de 5 à 10% d'être atteint au moins une fois dans sa vie d'un épisode lithiasique. Plusieurs facteurs sont en cause: la diète, les caractéristiques sexuelles et raciales, la quantité de liquide absorbé. Le point capital de la formation des lithiases est la rencontre de l'urine avec des substances favorisant les lithiases. Les types de lithiases sont nombreux: oxalate de calcium (le plus fréquent), calculs infectieux, d'acide urique, de cystine. Les lithiases ne sont pas toujours symptomatiques, mais peuvent occasionner des lésions irréversibles au niveau du rein. En cas de migration d'une lithiase rénale au niveau de l'uretère, il se produit une colique néphrétique avec hématurie. Le diagnostic est posé grâce à une radiographie de l'abdomen à vide et une urographie intraveineuse. En général, les premiers examens pratiqués sont l'ultrason rénal et abdominal, une analyse sanguine et urinaire. Le traitement en urgence de la colique néphrétique comprend une antalgie adéquate et une diminution de l'apport liquidien. Les indications absolues à une hospitalisation sont les calculs infectieux, les douleurs aigües avec oligurie et insuffisance rénale, les patients avec rein unique ou des douleurs non contrôlables par les antalgiques habituels. Les traitements à disposition sont actuellement les suivants:

Conservateur

Environ 80% des calculs urétéraux sont éliminés spontanément. Il s'agit en général de lithiase d'une taille inférieur à 5 mm, sans infection urinaire et sans obstruction. Des contrôles réguliers sont cependant nécessaires afin de ne pas manquer une obstruction persistante et muette, ou une croissance du calcul.

Dissolution médicamenteuse

L'alcalinisation des urines est le traitement efficace dans 70% des cas de lithiases d'acide urique. La lithiase doit être en contact avec l'urine et les voies urinaires drainées par une sonde urétérale de type double J.

Lithotripsie extracorporelle (ESWL)

Le traitement extracorporel par ondes de choc a remplacé la chirurgie ouverte dans la prise en charge des lithiases. La majorité des lithiases (90%) peuvent être ainsi traitées avec succès. La lithiase est fragmentée en morceaux < 2mm qui sont éliminés spontanément par le système urinaire. 80% des patients sont libres de lithiases 3 mois après le traitement. Les complications de l'ESWL sont relativement rares: coliques, hématurie, hématome rénal, dilatation pyélo-calicielle. Des traitements adjuvants (drainage urétéral interne ou percutané rénal) sont nécessaires dans 30% des cas. L'ESWL peut être appliquée à n'importe quelle région du tractus urinaire. Selon la taille, la localisation de la lithiase, ainsi que de la puissance de la machine utilisée, une anesthésie locale, une sédo-analgésie ou une péridurale sera nécessaire. En cas d'infection rénale purulente, de troubles de la crase sanguine ou de grossesse, le traitement par ESWL n'est pas applicable.

Endourologie

La néphrolitholapaxie ou l'urétéroscopie seront utilisés dans 10% des cas. Ces techniques sont surtout utiles en cas de gros calculs, de localisation difficile, ou bien en complément à un traitement par ondes de choc insuffisant.

Chirurgie ouverte

Ne se rencontre actuellement que dans 1% des cas et dans des situations bien précises: calculs coralliformes de grande taille ainsi que dans des cas ou une maladie de base concomitante à une lithiase doit être corrigée chirurgicalement.

Prévention (métaphylaxie)

La mesure la plus efficace est la prise de liquide quotidienne suffisante et régulière (minimum 2 litres). De plus, il existe une consultation spécialisée au cours de laquelle le patient est conseillé sur le plan diététique et médicamenteux, en fonction de l'analyse urinaire et de la constitution du calcul. Initialement il était conseillé aux patients atteints de calculs d'oxalate de calcium de diminuer leur apport alimentaire de calcium (lait, fromage). Actuellement, on s'accorde à dire que ces patients doivent diminuer l'apport en oxalate (chocolat, épinards, rhubarbe, asperges, thé froid ou thé noir).